Page d'accueil des dossiers KANTIK AR BARADOZ (Cantique du Paradis)

Komzoù /paroles: hengounel/traditionnel

Adaozet/adaptation : Breuriezh Sant Ildud Lann Anna 56310 Kistinid
(© pep gwir miret strizh / tous droits réservés)


La tradition bretonne attribue ce cantique à saint Hervé, barde aveugle du VIe siècle, dont la vie latine, rédigée vers le XIe siècle, nous dit qu’il composa un cantique sur le Paradis. L’on rapporte également que le texte fut revu par Dom Michel Le Nobltez le fondateurs des missions bretonnes. En 1816, un prêtre de Plougonven le fit imprimer et il connut dès lors une large diffusion. La musique du Cantique du Paradis est très antique. Dom Le Feuvre, maître de choeur de l’Abbaye Sainte Anne de Kergonan lui attribue même une origine antérieure à l’ère chrétienne. Paroles et musique nous introduise donc au coeur de la tradition chrétienne bretonne.

Jezuz, pegen bras ‘ve    Jésus, comme il est grand
Plijadur an ene, Le plaisir de l’âme
Pa vez e gras Doue Quand elle est dans la grâce de Dieu
Hag en e garante(z). Et dans son amour.
 
Berr ‘kavan an amzer Je trouve court le temps
Hag ar poanioù dister, Et les souffrances misérables
O soñjal deiz ha noz, En pensant jour et nuit,
E gloar ar baradoz. A la gloire du Paradis.
 
Pa sellan en Neñvoù, Quand je regarde aux cieux
Etrezek va gwir vro, Vers mon vrai pays,
Nijal di a garfen J’aimerai y voler
Evel ur goulmig wenn. Comme une colombe blanche.
 
Gortoz a ran gant joa, J’attends avec joie,
An termen diwezhañ, L’heure dernière
Mall am eus da welet, J’ai hâte de voir
Jezuz, va gwir bried. Jésus, mon vrai Epoux.
 
Kerkent ha ma vezo, Aussitôt que seront
Torret va chadennoù, Brisées mes chaines
Me ‘n em savo en aer, Je m’élèverai dans l’air
Evel un alc’houeder. Comme une alouette.
 
Tremen a rin al loar, Je passerai la lune,
Evit pignat d’ar c’hloar, Pour monter à la gloire
Dreist an heol, ar stered, Au-delà du soleil, des étoiles
Me a vezo douget. Je serai porté.
 
Pa vin pell diouzh an douar, Quand je serai loin de la terre
Traonienn leun a c’hlac’har, Vallée pleine de peines
Neuze me ‘ray ur sell Alors je jetterai un regard
Ouzh va bro Breizh-Izel. A mon pays, la Bretagne.
 
Dezhi me ‘lavaro, Je lui dirai
“ Kenavo dit, va bro, ‘‘ Adieu, mon pays,
Kenavo, bed poanius, Adieu, monde douloureux,
Gant da vadoù tromplus. Avec tes biens trompeurs.
 
10  Kenavo da viken, Adieu à jamais,
Paourentez hag anken, Pauvreté et angoisse
Kenavo pec’hedoù, Adieu péchés
Trubuilh ha kleñvedoù. Afflictions et maladies.
 
14  Goude pred ar marv, Après l’instant de la mort
Gant joa, me a gano : Avec joie, je chanterai :
“ Torret eo va chadenn, "Ma chaîne est brisée,
Me ‘zo libr da viken.” Je suis libre à jamais."
 
16  Dorioù ar baradoz Les portes du Paradis
Digor ouzh va gortoz, Ouverte pour m’attendre
Ar Sent, ar Sentezed, Les saints et les saintes
Deut d’am degemeret. Venus m’accueillir.
 
18  Me ‘c’hello evit mat, Je pourrai pour de bon,
Gwelout Doue an Tad, Voir Dieu le Père,
Gant e Vab peurbadel, Avec son Fils éternel
Hag ar Spered Santel. Et l’Esprit-Saint.
 
20  Pegen brav ‘vo klevet, Qu’il sera beau d’entendre
Jezuz o lavaret : Jésus disant :
“ Deut, va servijer mat, ‘‘Viens, mon bon serviteur,
Da gaout Doue ho Tad.” Rencontrer Dieu ton Père.’’
 
23  Eno ‘vo kaer gwelet, Là, il sera beau de contempler
Ar Werc’hez benniget, La Vierge bénie,
Gant daouzek steredenn, Avec douze étoiles
A ra he c’hurunenn. Formant sa couronne.
 
24  Gwelet a rin ouzhpenn, Je verrai en plus
Ganto peb a delenn, Avec chacun, une harpe,
Aelez hag Arc’haele(z) Anges et Archanges
Holl o veuliñ Doue. Tous louant Dieu.
 
25  An Ebestel eürus, Les heureux Apôtres,
Gant diskibion Jezuz, Avec les disciples de Jésus,
Hag an holl verzherion Et tous les martyrs
Enor ar gristenion. Honneur des chrétiens.